Enfants Bénéficiaires Des écoles De La Paroisse D'Alfa Kpara, Diocèse De Djougou, Bénin
  • 21 janvier 2020

Enfants bénéficiaires des écoles de la paroisse d’Alfa Kpara, diocèse de Djougou, Bénin

 

Voici l’avancement en fin 2019 du programme cultiver la terre pour sauver l’école, mené par Charlotte Verger :

Cultiver la terre pour sauver l’école

Depuis 2012, l’œuvre éducative Saint Joseph d’Alfa Kpara, soutenue par la Fondation Héloïse Charruau à travers la construction de bâtiments, a pu accompagner plusieurs centaines d’enfants dans leur scolarité de la maternelle au CM2. Cette œuvre éducative mène les enfants de brousse sans distinction d’ethnie, de langue ou de religion, au diplôme du CEP, un diplôme important pour signifier que les jeunes savent lire, écrire, compter, des compétences indispensables pour leur vie future. L’éducation y est de grande qualité et le développement de l’enfant est mis au premier plan. La majorité des enfants de l’école résident à l’internat, permettant ainsi de maximiser leur apprentissage (vie en collectivité, temps d’étude le soir, usage du français en permanence, …). Mais dans ce contexte du nord du Bénin, beaucoup de familles sont pauvres ou mauvaises payeuses et ne s’acquittent pas des frais de scolarités alors que les coûts pour éduquer, nourrir, soigner, laver, et protéger ces enfants sont conséquents.

Récolte maïs
Charlotte et François, volontaires solidarité internationale, responsables du projet

En mars 2019, l’œuvre éducative a été soutenue par la structuration d’une ferme agricole ayant pour vocation d’appuyer la sécurité alimentaire et financière, afin de garantir la pérennité de l’œuvre. Cette action a été permise par la venue de Charlotte et François Verger, volontaires envoyés par la Délégation Catholique pour la Coopération et soutenus par la Fondation Héloïse Charruau. Cette ferme, déjà préexistante mais peu organisée, repose sur 17 ha de terres autour des écoles et internats à Alfa Kpara, et de l’élevage.

Grâce à la venue de Charlotte et François, et avec l’aide d’ouvriers saisonniers et de deux ouvriers permanents, près de 9 ha de terres ont pu être cultivés pendant la saison des pluies (juin à octobre) avec du maïs, du soja, du sorgho, du haricot, du manioc, de l’igname et de l’arachide.

En cette fin de saison agricole, il ne reste plus que les récoltes à terminer, avec l’aide des enfants qui nous accompagnent volontiers dans cette activité les samedis matin.

L’ensemble de la production récoltée est ensuite sélectionnée, triée et affectée selon sa destination (production de semences, transformation en farine pour faire la « pâte » pour les enfants ou alimentation animale).

6ha supplémentaires pourraient être mis en culture lors de la prochaine saison des pluies.

Sur ces mêmes terres, un milliers d’arbres ont été plantés durant la saison des pluies, 400 tangelos (hybridation entre un mandarinier et un pamplemoussier) et 600 anacardiers (pour la production de noix de cajou). Avec un bon entretien, ces arbres pourraient commencer à produire d’ici 3 – 4 ans, un soutien important pour la pérennité de l’œuvre.

Toujours du côté des productions végétales, un grand potager a été mis en place pour permettre une production locale des « condiments » pour l’alimentation des enfants. Ainsi, sur un tiers d’hectare de zone maraîchère, le gombo, le crin-crin, l’amarante et la grande-morelle sont cultivés pour venir agrémenter les sauces. A cela s’ajoute la production de piments et de tomates. Grâce à ce potager, les cuisinières achètent maintenant très peu ces légumes au marché. Pour venir compléter cette zone maraîchère, des salades et des choux sont produits pour fournir un peu de revenu et satisfaire la demande sur le marché local.

Enfin, concernant l’élevage, deux ateliers étaient préexistants à la venue de Charlotte et François : l’élevage de porc et l’élevage de poulets de chair. Leur arrivée a permis de mieux les structurer en améliorant leur alimentation et leur productivité (reproduction, gain de poids, …), ainsi que de trouver des débouchés, ces animaux étant seulement autoconsommés jusque-là. Dans un esprit de diversification des revenus et des risques, ils ont aussi pu initier un élevage de lapins, cet élevage ayant l’intérêt de produire beaucoup, rapidement, sans demander trop beaucoup de main d’œuvre. Quelques chèvres ont également été achetées pour poursuivre la diversification des ateliers.

Ces actions nécessitent d’être encore poursuivies, structurées et organisées pour permettre une pérennité des productions et des revenus dans le temps, permis par la présence de Charlotte et François jusqu’en mai 2020 et par la venue de futurs volontaires.

Former aux premiers soins pour améliorer la santé des enfants

En 2018, l’œuvre éducative Saint Joseph d’Alfa Kpara s’est étendue à une œuvre sanitaire via la construction d’une infirmerie scolaire, avec pour vocation l’accès aux soins et la formation sanitaire des élèves. En effet, dans cette région du monde, les maladies sont très souvent responsables de l’absentéisme à l’école, mais aussi de surinfections.
Dans la suite de la construction de l’infirmerie scolaire, une première étape a été franchie en donnant accès aux premiers soins aux enfants en fournissant du matériel et des médicaments de première nécessité : plaies, fièvre, maux de tête, maux de ventre, problèmes de peau, problèmes aux yeux, … Trois trousses à pharmacie ont été constituées pour l’internat des filles, l’internat des garçons et l’école.

A cette occasion, les responsables des internats ont pu être formés pour apprendre à se servir des produits et du matériel et ont pu recevoir un petit manuel d’utilisation des médicaments. La formation a été appuyée par Anne, pharmacien à la retraite en visite à Alfa Kpara. Cette formation se poursuivra dans les mois à venir avec l’identification des principales maladies que rencontrent les enfants africains et les gestes des premiers secours. D’ors et déjà les trousses à pharmacies ont pu servir, avant que les enfants ne retournent dans leur famille pour les congés de Noël.